La Finale du Concours d’Eloquence

Après trois mois d’entrainements, d’ateliers et de sélections, la grande finale de la 1ère édition du Concours d’Eloquence s’est tenue vendredi 22 avril à l'Espace Bernard Mantienne. Un moment très attendu, et l’occasion de mettre la jeunesse à l’honneur, lors de ces joutes verbales pour « Défendre la liberté ». Les dix lauréats, issus des huit villes de la Communauté Paris-Saclay encore en lice, se sont affrontés avec brio devant une salle comble et un public attentif. Une fête des mots, de l’esprit et de la citoyenneté particulièrement vivifiante et inspirante, remportée par Baptiste Richard, Marie Houmaire et Ludmila Soron.

Les 10 finalistes

L’histoire débute avec cette proposition de notre maire, François Guy Trébulle, Vice-président en charge de la Jeunesse à la Communauté Paris-Saclay : organiser un concours d’Éloquence pour les jeunes des
27 communes du territoire. L’enjeu est de révéler les talents et capacités de la jeunesse : 98 jeunes de 15 à 18 ans relèvent le défi sur le thème de la « Liberté » : « Rêver la Liberté » pour la première étape de sélection, « Oser la liberté » en demi-finale, et enfin « Défendre la liberté » en finale.

L’importance de dire la liberté

Chaque candidat n’avait que 7 minutes pour convaincre au pupitre. À partir d’un mot de 7 lettres, c’est une réalité bien concrète que ces jeunes orateurs sont venus exprimer lors de cette soirée, avec conviction et engagement. Dans une époque où la liberté est souvent mise à l’épreuve, il leur est apparu plus qu’une évidence, une nécessité, de rappeler l’importance de « défendre la liberté », comme tout autre bien personnel.
Comment préserver la liberté face à des gouvernements qui contrôlent la liberté de pensée ? Comment défendre sa liberté dans une société où notre identité nous a été imposée à la naissance, et que cette identité même restreint notre liberté ? Comment défendre sa liberté lorsque, plus qu’une action, elle s’impose en réaction ?
De nombreuses notions fondamentales ont été ancrées dans les paroles des lauréats, pour appuyer leurs plaidoiries : démocratie, Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen, liberté de la presse, libre arbitre, défense de la République… Car après tout, comme l’a si bien rappelé François Guy Trébulle « L’éloquence est une arme non létale quand elle est bien dite ».

Une puissance argumentative et une maturité certaine

De Beaumarchais à Nelson Mandela, en passant par Simone Veil, John Stuart Mill, Martin Luther King, Lucie Aubrac, Gandhi, Honoré d’Estienne d’Orves, Isaac Backus, Charles de Valois, Rosa Parks, Charles Baudelaire, Paul Éluard, Henry de Montherlant, George Orwell, Jean-Jacques Rousseau… mais aussi Charles Aznavour, Bob Marley, Michel Berger ou encore Grégoire. De nombreuses références historiques, musicales, littéraires, et soixante-dix minutes d’un hommage rendu à aux femmes et hommes politiques, résistant(e)s, écrivain(e)s, poètes, auteur(e)s, journalistes, romanciers, philosophes, artistes, hommes de foi… qui se sont insurgés et battus, par les actes ou par la plume, pour défendre leurs pensées autant que nos libertés collectives.

La liberté appartient à ceux qui l’ont conquise

André Malraux, Écrivain et homme politique

Alors la tâche n’était pas aisée pour le jury, composé de Sylvie Retailleau, Présidente de l’Université Paris-Saclay, Caroline Nisand, procureur du tribunal d’Evry, Assya Van Gisel, co-fondatrice du Tedx Paris-Saclay et Grégoire de Lasteyrie, président de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay (CPS). Car comme l’a souligné Bertrand Périer, Président du Jury, avocat et spécialiste de l’art oratoire « Nous attendions quelque chose d’insouciant, et avons eu quelque chose d’une grande maturité et d’une grande conscience ». Sans aucun doute, de l’intelligence, de la finesse, de la culture et de l’investissement émanaient de ces discours.

Éloquence et spectacle

Pour contrebalancer cette gymnastique verbale et ponctuer la soirée d’un peu plus de légèreté, la scène du Colombier a également été le théâtre de la comédie, la danse, des acrobaties, de la musique et du chant, avec des artistes aussi étonnants que talentueux. Le groupe Enjoy Production nous a régalé en réunissant en un spectacle l’humour, la parodie des grands classiques cinématographiques et musicaux, les acrobaties et la danse ; tandis que l’Académie Fratellini nous a proposé un spectacle circassien tantôt drôle, tantôt absurde, mais attisant pour sûr la curiosité. Enfin, le jeune artiste Pablo Casadesus nous a emmené dans son univers électro, accompagné de ses chanteuses et son chanteur guitariste.

En somme, un véritable kaléidoscope culturel, pour une soirée très réussie. Evidemment, les félicitations sont de rigueur pour l’ensemble des participants, avec une mention particulière pour les 3 gagnants : Baptiste Richard (Saclay – vainqueur), Marie Houmaire (Marcoussis – deuxième) et Ludmila Soron (Palaiseau – troisième).

Sans plus de suspense, rendez-vous a été fixé par Grégoire de Lasteyrie, président de la Communauté d’agglomération Paris-Saclay (CPS), pour une 2nde édition : il a d’ailleurs déjà invité nos jeunes orateurs à travailler sur l’Égalité…