C’est cette confusion qui intéresse Elodie Sicard dans son travail sur l’engagement du corps du musicien – cor malléable où tout est son. Des fondements de la respiration au frottement d’un doigt, en passant par la vibration des lèvres ou des cordes vocales, Jean Wagner, corniste, contribue à développer la recherche du geste musical avec ses instruments augmentés. 

Jean Wagner et Elodie Sicard prennent l’air, matière pneumatique comme dénominateur commun à leurs deux pratiques. L’air ploie et déploie les corps dans l’espace, les supporte et donne impulsion à la matière sonore et chorégraphique. Le corps mû par le souffle se transforme en un être spongieux, ses tubes entrent en synergie dans leur mouvement d’expansion et de contraction alternant le vide et le plein.
Ce processus fusionné par ces matières modelées génère des images, crée de micros fictions, transforme la nature de l’expérience, de l’attention et de la perception. Cette exploration donne une dimension expressive au rythme pour prendre une nouvelle allure et offrir un courant d’air, un ‘courant d’arrière-fable’.

Elodie Sicard et Jean Wagner