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Verrières-le-Buisson

Hommages à Thomas JOLY

Vendredi 5 juillet 2019

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Une cérémonie républicaine a été organisée en hommage à Thomas JOLY vendredi 5 juillet 2019 à l’Arboretum municipal.


Retrouvez en fin d’article les discours d’hommage prononcés lors de la cérémonie républicaine.

Hommage du Conseil municipal de Verrières-le-Buisson

Lu par Caroline FOUCAULT, Premier Maire-adjoint

Thomas a été une personnalité marquante pour tous ceux qui l’ont connu, et nous ne pouvons passer sous silence quelques-uns des éléments importants de sa personne.
Éléments qui ont construit Thomas et l’ont amené à donner tant à ceux qui ont eu la chance de croiser sa route, à sa famille, à ses amis, à son équipe, à sa ville, à nous tous.
Éléments qui font que, si toute mort est un scandale, la sienne, si tôt, nous paraît si brutale.
Par ces quelques mots, il s’agit simplement de souligner la très belle rencontre d’un homme et d’une Ville et de dire, au nom du Conseil municipal, du personnel communal, au nom de tous les Verrièrois, ce que nous lui devons, et que nous ressentons déjà le besoin de faire mémoire.

Si Thomas était aussi profondément investi dans cette Ville, c’est probablement parce qu’elle lui a, dès l’origine beaucoup donné :

  •  cadre de son enfance, au foyer des Docteurs Joly, où son père recevait ses patients dans une maison qui est depuis devenue la sienne ;
  •  cadre de sa scolarité dont il ne s’est éloigné que pour aller, non loin, étudier au lycée, puis à l’Université,
  •  cadre de sa rencontre avec son épouse et de la naissance de leur famille.

    Thomas, enfant de Verrières, en connaissait mieux que personne les coins et les recoins, qui furent ses terrains de jeux et ses terrains de rêves.
    Il ressemblait, à beaucoup d’égards à ce territoire, territoire difficile à classer,
    entre forêt et champs qui lors de son enfance y existaient encore,
    entre maisons et jardins,
    entre parcs, rus et rivière.
    Jamais loin de Paris et pourtant paysan ;
    pas rural vraiment, et pas un lieu passant ;
    pas bourgeois non plus, malgré quelques maisons qui certainement le sont.

    Ce territoire est fidèle :

  •  à ses origines anciennes,
  •  à la Bièvre qui sculpta la vallée,
  •  au souvenir des vignes, à celui des vergers,
  •  au patrimoine aussi : à ce clocher qui dresse un lien central entre le temps présent et les siècles passés,
  •  à ceux, illustres comme anonymes, qui y ont vécu, s’y sont aimés et y reposent en paix,
  •  aux Vilmorin dont Thomas fêta avec joie l’anniversaire de l’installation à Verrières,
  •  aux plus humbles, venus trouver emploi, prospérité et un cadre heureux où s’établir et faire grandir leurs enfants,
  •  aux « justes » auxquels il souhaita qu’un monument végétal soit dédié pour que leur mémoire ne s’efface jamais,
  •  aux « historiques de Verrières », aux nouveaux arrivés,…

    Ce territoire est fidèle au village qu’il fut et Thomas, plus qu’aucun autre le savait et voulait le préserver : il s’y était fermement engagé.
    Cette fidélité, c’est ce qu’il incarnait. Fidélité aux engagement pris, aux amitiés nouées, à la parole donnée.

    Ce territoire inspire et Thomas s’en était inspiré.
    Il aimait à rappeler les circonstances dans lesquelles a germée, non loin d’ici, l’idée des Pavillons bleus… sous des cieux, sous des arbres rappelant que, du monde entier, des spécimens sont venus à Verrières y prendre racine et s’y développer.
    Qui ne sait ce que l’herbier lui doit ?

    Arbres et amitiés sont au cœur de cette expérience remarquable de la Maison des Arbres et des Oiseaux qu’il créa en 1976 avec quelques amis, et le bienveillant accompagnement de Jean-Baptiste de Vilmorin.
    Arbres et amitiés à la lumière desquels il rencontra Bernard Mantienne dont rien ne l’a séparé.
    Arbres et amitiés dans ses engagements aux Amis de la Vallée de la Bièvre, puis à Terre et Cité.
    Arbres et amitiés éclairant son engagement pour l’environnement qu’il mena aussi, professionnellement, à Teragir, ainsi qu’à la tête du Syndicat Intercommunal d’Assainissement de la Vallée de la Bièvre (SIAVB).

    Engagement pour l’environnement, engagement pour la ville, engagement pour la Cité.
    Très jeune Thomas a été sollicité et il a répondu présent en 1989 pour rejoindre l’équipe municipale. D’abord, chargé des questions d’environnement – évidemment –, il prend dès 1995 le virus des finances qui resteront pour lui un objet de constante attention.
    Premier adjoint en 2008, il a été élu maire en 2013 lors du retrait de Bernard Mantienne aux côtés duquel il avait déjà tant œuvré.
    En 2014, menant une liste de rassemblement, réunissant des verriérois de multiples horizons, il fut de nouveau élu et reconduit à la tête de la ville.
    Depuis lors, il a consacré l’essentiel de son énergie à cette ville, à la conduire, avec toute son équipe, quels que soient les obstacles, vers un avenir qu’il souhaitait le meilleur.

    Vous, Verriérois, connaissez ses chantiers :

  •  celui de l’Eglise : il n’aura pas eu la satisfaction de voir terminé, mais comme chacun de nous, il s’en est émerveillé. Il avait eu la joie d’avoir été caresser le coq tout en haut du clocher. Il pensait aux tableaux qu’il voulait raccrocher, à la lumière et même à la sono,
  •  celui du centre-ville, du pôle culturel de l’Espace Bernard Mantienne et du Conservatoire, celui du restaurant scolaire,
  •  celui de la révision, si difficile, du PLU… et tant d’autres passés,
  •  sans oublier ceux à venir dont le Centre Malraux.

    Il voulait que Verrières, « Ville arboretum » assume son ancrage au-delà du buisson.
    Il avait proposé que le mail soit à nouveau cultivé et nous nous souvenons de son plaisir à y faire la moisson.
    Plus discrètement la plantation de petits fruits, de légumes et de simples dans la ville – nous ne parlerons pas de son bananier –, le soin apporté au choix des essences plantées, manifestaient sa volonté que le végétal aussi soit au plus près des gens.
    Il a voulu ce plan Parcs qui aurait dû le conduire, cette semaine encore, à inaugurer des réalisations rafraîchissant ces lieux, ô combien nécessaires, même ici à Verrières.

    Aux arbres permettez que l’on associe les animaux, deux au moins :

  •  les poules à la réintroduction desquelles il œuvra pour des raisons écologiques,
  •  les tortues qu’il affectionnait tant et dont il collectionnait des représentations venant du monde entier, de toutes tailles et matériaux, et qui se retrouvent en certain lieux, clin d’œil discrets qui nous attendent encore.

    Mais pour lui Verrières n’était pas un chantier, Verrières était avant tout une communauté, communauté de gens qu’il savait apprécier.
    Il a fréquenté tant et tant de repas de quartier ; il a tant reçu lors de ses permanences ; il avait tant de joie à marier les Verriérois.
    Il était si fier de la vie associative, de sa richesse… de la diversité des engagements qu’il entendait faciliter. Du sport à la culture, de la jeunesse à l’environnement, des marchés aux automnales… sans oublier les aspects humanitaires, il suivait et accompagnait, parfois au premier plan, parfois plus discrètement, toujours intensément.
    Il a tant fréquenté les repas à thèmes où il aimait chanter, les fêtes rituelles autour de « potes âgés »…

    Du plus petit au plus ancien Verriérois, aucun, c’est sûr, ne lui était étranger et chaque membre du personnel communal lui était important. A à tous, d’une manière ou d’une autre, il voulait se dévouer.

    Son engagement pour Verrières et tous les Verriérois ne se cantonnait pas aux limites de la ville et, par-delà la Bièvre et par-delà le bois, il s’est engagé dans le Canton et le département : pendant 14 ans, il fut conseiller général.
    Au-delà de l’Essonne, des Hauts de Bièvres, avec lesquels il chemina avant de s’engager dans la Communauté Paris-Saclay dont il était vice-président, il était profondément européen et ouvert au monde.
    Il s’en fut, bien sûr, visiter nos villes jumelées, Swanley et Hövelhof ; il s’en fut aussi, plus loin, au Burkina où les talents verriérois furent si pertinemment employés et où une partie du cœur de Verrières bat. Il s’en fut aussi au Cambodge, marchant sur les traces d’Alain-Victor, ancien complice qu’il a désormais retrouvé.

    Engagé pour le Monde, l’Europe, la France, l’Essonne et Verrières, ses mérites ont été reconnus par les décorations qui lui furent octroyées :

  •  ordre du Mérite dont il était commandeur,
  •  Mérite Agricole et Palmes académiques, et qu’il aimait assumer.

    Engagé pour de vrai, il mettait ses actes en harmonie avec ses choix et fut précurseur de la mobilité électrique, qu’il s’appliquait à lui-même, tout comme de la valorisation des produits locaux du plateau de Saclay.
    Engagé pour tout ça et avant tout Verriérois.

    Tous réunis, ceux qui l’ont suivi, ceux qui l’ont côtoyé, ceux qui l’ont combattu, ceux qu’il a contrariés… nous voici rassemblés au moment de l’hommage que l’on doit à cet homme, à ses engagements. Que l’on doit au maire, à l’époux, au père, au fils, au frère, et surtout à l’ami.

    Merci en repartant, de regarder autour de vous et de voir en cheminant, dans Verrières quelquefois,
    dans ses arbres,
    dans ses pierres,
    et même dans son bois, la ville illuminée de ses yeux verriérois.

    Engagés sur ses traces, nous le serons demain pour l’environnement, pour la ville, pour les Verriérois.

    Les discours d’hommage

  • Mise en ligne le dimanche 8 juillet 2029
    Modifiée le lundi 9 septembre 2019


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