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Patrimoine végétal de Verrières

Les cerisiers à fleurs

Verrières-le-Buisson

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Un des traits de mœurs qui frappa le plus les rares voyageurs occidentaux qui réussirent à s’introduire au Japon au XVIIIe siècle fut le culte mi-religieux, mi-populaire qu’on rendait aux cerisiers au moment de leur floraison dont la beauté, à la fois sensuelle et virginale, méritait assurément cet hommage.


Car, non seulement les espèces de cerisiers sont plus nombreuses au Japon qu’en Europe – 13 espèces contre 5 – et plus encore d’ailleurs en Chine (23 espèces) mais surtout, depuis des siècles, les jardiniers japonais en avaient sélectionné et perfectionné les meilleures variétés, non pour leurs fruits, mais pour leurs fleurs.

Cerisier à fleurs
De plus, ils savaient comment les utiliser au mieux, en véritables paysagistes, employant les variétés à fleurs doubles isolément pour décorer un endroit important, celles à fleurs simples afin d’obtenir des effets de masse. Ainsi, tout le district autour de Kyoto, parsemé de temples et de souvenirs historiques et où l’on vient de loin pour assister à leur floraison, est-il planté de Prunus serrulata var. Spontanea , dont les fleurs, assez tardives pour éviter les gelées, s’épanouissent pendant la seconde moitié d’avril en larges couronnes blanches ou rose clair contre le noir des pins. Cette variété a été introduite en Europe occidentale en 1900 par E. H. Wilson ; on peut en observer de magnifiques exemplaires au Jardin des Plantes à Paris.
Par contre, le cerisier favori de Tokyo et de ses environs est un hybride récent, Yoshino (P. X yedoensis), aussi large que haut (jusqu’à 8 m), à branches horizontales qui semblent crouler sous le poids de dizaines de milliers de fleurs blanches, délicatement teintées de rose et répandant un délicat parfum d’amandes, tôt en avril. On le cultive en Europe depuis 1930.

Ce n’est guère que dans les années 1880-1900 que l’Occident découvrît les cerisiers japonais ; ils connurent une vogue immense parmi les amateurs et les collecteurs introduisirent, coup sur coup, toutes les espèces qu’ils purent se procurer. L’homme de la situation fut ici encore un Anglais, le capitaine Collingwood Ingram.

Vous trouverez des cerisiers à fleurs en bien des endroits de Verrières, en particulier sur la butte à Deagan, à l’entrée de la ville.

Source : Jean-Baptiste de Vilmorin

Mise en ligne le vendredi 25 septembre 2009
Modifiée le vendredi 25 septembre 2009


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