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Patrimoine végétal de Verrières

Le prunier - Prunus domestica

Verrières-le-Buisson

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Le premier prunier cultivé, qui a donné naissance à tous nos pruniers actuels, est le résultat d’un croisement fortuit de l’« Épine noire » (Prunus spinosa) et du « Myrobolan » (Prunus cerasifera). Nos pruniers ont donc, après avoir subi au fil des siècles de nombreuses améliorations successives, ces deux souches pour ancêtres.


L’Épine noire (ou prunellier) est un arbrisseau très répandu en Europe où il croît au bord des bois, dans les taillis et dans les lieux souvent arides. Ses petits fruits ronds, de couleur bleu-noir, paraissant recouverts d’une buée blanche, sont toujours utilisés pour la fabrication de liqueur. Le Myrobolan est une espèce plus orientale que l’on rencontre en Asie centrale. Des noyaux de prunes sauvages ont été retrouvés dans des tombeaux égyptiens, mais surtout dans les vestiges d’habitations lacustres datant de l’âge de pierre. Il ne fait pas de doute que la prune figure parmi les plus anciens fruits utilisés par l’homme pour son alimentation.

Des recherches scientifiques récentes font cependant supposer que l’histoire des pruniers ne serait pas aussi simple qu’on l’avait cru. D’autres arbres et arbustes du même genre, originaires d’Asie occidentale et même d’Asie septentrionale, ont pu aussi intervenir et participer aux croisements et re-croisements qui se sont succédés pour « façonner » l’arbre que nous connaissons aujourd’hui. Ce qui est certain, c’est que nos lointains ancêtres, qui étaient dotés d’une remarquable intuition et de très fines qualités d’observation, ont su choisir et maintenir dans leur environnement soit statique, soit plus ou moins erratique, les « individus » donnant les fruits les plus gros, les plus sucrés et susceptibles de se laisser « améliorer ». Les premières prunes dignes de ce nom firent discrètement leur apparition à Rome au premier siècle avant notre ère. Il s’agissait de prunes violettes dites « prunes de Damas ».

Mais c’est surtout à l’issue de la deuxième Croisade que, après avoir été découvertes en Syrie par les croisés, elles furent introduites en Europe occidentale. Il faudra cependant attendre François 1er pour que la prune prenne vraiment son essor dans nos pays, grâce à son épouse la reine Claude, à laquelle on attribue la création du fruit qui porte son nom. La mirabelle apparaît, elle, au XVIe siècle, en provenance d’Italie. C’est à son aspect gracieux qu’elle doit son nom qui signifie « belle à voir ».
Au début du XIXe siècle, on recensait plus de cinquante variétés de prunes aux noms souvent poétiques et évocateurs tels que « Grosse noire hâtive », « Damas violette », « Damas noire tardive », « Perdigon blanche », « Dauphine », « Drap d’or », « Impériale violette », « Diaprée rouge », « Sainte-Catherine », « Dame qui porte deux fois l’an ».

Les vertus médicinales des prunes étaient connues depuis fort longtemps. L’une de leurs principales propriétés, qui consistait à « relâcher le ventre », est à l’origine de la préparation des pruneaux.

Source : Jean-Baptiste de Vilmorin

Mise en ligne le jeudi 24 septembre 2009
Modifiée le vendredi 25 septembre 2009


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